Les archives du poète Yvon Le Men entrent à la Bnf (site Richelieu)


. .

crédit photo :@murielle Szac.Ed Bruno Doucey


Communiqué de presse 10 juillet 2026

Après Christian Bobin en 2024, la Bibliothèque nationale de France enrichit ses fonds
de poètes contemporains d’un ensemble remarquable de manuscrits d’œuvres et
de carnets grâce au généreux don d’Yvon Le Men, Prix Goncourt de la poésie 2019,
qui a su intimement mêler poésie dite et poésie écrite.
Né à Tréguier (Côtes-d’Armor) en 1953, Yvon Le Men publie son premier recueil, Vie,
à vingt-et-un ans, et reçoit très tôt le soutien de ses grands aînés : l’éditeur-militant
Pierre-Jean Oswald, les poètes Jean Malrieu, Xavier Grall, Guillevic. Si l’œuvre publiée
compte aujourd’hui plus de soixante-dix titres, la poésie d’Yvon Le Men est aussi, et
peut-être d’abord, un art oral, destiné à un public, dans la tradition des jongleurs et
des troubadours. Très tôt, le jeune Yvon dit ses poèmes devant grévistes, ouvriers,
militants : Plémet (1972), Plogoff (1980)…, autant d’événements qui marquèrent la
mémoire d’une Bretagne alors en pleine effervescence culturelle et politique.
Il rejoint le collectif Névénoé (1973 – 1980), coopérative née du renouveau de la musique
bretonne, portée par le succès de Gilles Servat, Alan Stivell et de Tri Yann. Y éclosent
les talents de Gérard Delahaye, Melaine Favennec, Annkrist, Kristen Nogues et Patrick
Ewen. À la fin des années 1970, sa poésie voit son audience s’élargir et ses formes
se diversifier en récits, romans et collaborations avec des musiciens, photographes,
dessinateurs, enseignants, peintres et metteurs en scène.
En parallèle, Yvon Le Men se fait passeur d’écrivains du monde entier, à travers la
création du festival « Il fait un temps de poème », à Lannion, en 1992, et d’une section
poésie aux « Étonnants voyageurs » de Saint-Malo, en 1997, qui l’amène au Liban, au
Brésil, en Chine, en Bosnie-Herzégovine, au Niger… à la rencontre de la poésie vivante.
Être breton, pour Yvon Le Men, c’est être de plein vent, ouvert au monde – à Lannion, où
il vit aujourd’hui, comme à Bamako ou à Hong-Kong. Par son intégrité et sa constance, il
a su faire bouger les lignes entre poésie orale, poésie populaire et poésie savante. Son
œuvre est un témoignage essentiel sur la situation de la poésie, en France, de 1970 à
aujourd’hui : comment elle se diffuse, circule, s’échange, dialogue avec d’autres arts.
Aujourd’hui, l’œuvre d’Yvon Le Men rejoint le département des Manuscrits de la BnF, à
travers 47 dossiers d’œuvres (manuscrits et dactylographies corrigées), de Vie (1974)
à Un soir d’avoir été (2025), ainsi que 26 carnets de voyage (Chine, USA, Québec…) et
de notes diverses, souvent en préparation de livres à venir (Le Chemin de halage, La
Bretagne sans permis…). Cette archive permet de voir éclore ses recueils et ses récits
à travers de très nombreuses versions, hésitations, ratures, mais aussi un dialogue
constant avec de grands lecteurs et amis, aussi attentifs qu’exigeants (Bernard
Chambaz, Björn Larson, Michel Le Bris, Christian Bobin).

Vous aimerez aussi...