Comme chaque année, du 23 au 25 mai, à Saint-Malo, Yvon Le Men animera les rencontres dédiées à la poésie

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Les porteurs de lanterne

C’est une heure tranquille celle de la poésie et de la vie/Il fait un temps de poème/Ta chair neige j’écris la neige/Parce que c’est beau et parce que c’est vrai 

Jean Malrieu

Et nos vaisseaux étaient de pierre, et nous étions très bons.

Michel Lebris

Cela fait trente ans qu’il fait un temps de poème au festival Étonnants Voyageurs. Hier, à la Tour des Moulins ; aujourd’hui, à la salle sainte Anne. Trente ans passés à traverser l’Histoire, à découvrir la géographie par le poème. Lu, dit, raconté, écouté, chanté, partagé sous de multiples langues, par de multiples voix, mais toujours en présence comme dans les veillées d’autrefois où, ainsi que le dit Michel Le Bris : Les contes n’éclairent qu’en projetant de l’ombre. Michel dont les mots seront lus à chacune des neuf rencontres pour dire encore et toujours l’immense générosité de son rêve, de notre rêve. Faire venir le monde à la table des conversations jusqu’à cette année 2026 qui semble avoir renversé la table. Où ceux qui sont en haut, sont en bas, en bas de l’échelle de notre humanité, au risque de nous perdre, tous. Ceux qui disent /qu’ils aiment leur pays/plus que tout/au monde/c’est eux/qu’ils aiment/plus que tout /au monde…/ceux qui disent/chacun dans leur pays/qu’ils aiment leurs enfants/ils les tuent/qu’ils aiment leurs parents/ils les tuent /par leurs enfants/qu’ils tuent/…

On dit que dans le sein de l’homme le plus ordinaire un poète est mort jeune. Mais il est peut-être plus juste d’affirmer que ce barde (même s’il ne fait pas partie des grands) survit dans presque tous les cas et qu’il est le sel de la vie de celui qui l’abrite, a écrit Robert-Louis Stevenson, notre île aux trésors, l’un des écrivains d’élection de Michel, pour nous donner, de la mort où il est, des lumières pour les vies où nous sommes, une sorte de lanterne sourde que nous porterons, envers et contre tout, à la ceinture.

Si la poésie est une arme chargée de futur ( Gabriel Celaya) alors il est bon de venir à la salle sainte Anne écouter ces porteurs de lanterne  que sont Louis Philippe Dalembert, Krismenn, Sofia Karampali Farhat, Rima Abdul Malak, Sébastien Bertrand, Laure Morali, Maram al Masri, Nicolas Gonzalez, Souleymane Diamanka, Roger Faligot, Falmares, Pierre Adrian, Gérard Delahaye, Xavier Dollo, Björn Larsson, Eric Sarner, Claude Fabre, Juliette Rousseau, Alain Borer, Yahia Belaskri, Ananda Devi et, par-delà la dernière frontière, Anatole Le Braz et Michel Le Bris. L’un a offert la Bretagne au monde ; l’autre, le monde à la Bretagne.

Yvon Le Men

Programme Le temps de la Poésie avec Yvon Le MEN

Samedi 23 Mai 2026 : Palais du Grand Large

10h00-10h45 ouverture du café littéraire – Poésie sans frontière avec Yvon LE MEN, Rima ABDUL MALAK, FALMARÈS Animé par Maëtte CHANTREL, Elie GUILLOU

Une ouverture du café littéraire en poésie, placée sous le signe de Vénus ! Autour de Maëtte Chantrel, Yvon Le Men, animateur de Temps de poème à la salle Saint-Anne, sera accompagné du jeune poète d’origine guinéenne Falmarès, qui nous contera son histoire mouvementée jusqu’à la publication de son premier roman. Avec eux, et au centre de cette rencontre, Rima Abdul Malak, ancienne ministre de la Culture, directrice du quotidien L’Orient-Le Jour, et âme vive du programme « Liban pluriel », qui se déploiera tout au long du festival et dont l’un des points d’orgue sera le Rima Poésie Club, consacré aux poètes du Liban et dédié à la mémoire de la poète franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata, disparue en janvier dernier.

SAMEDI 23 Mai 2026 à la salle SAINTE ANNE (Intra muros)

14h30-15h30 : Je n’ai jamais dit papa avec Louis-Philippe DALEMBERT, KRISMENN et Yvon LE MEN

Le père de Louis-Philippe est mort alors qu’il n’avait pas un an. Krismenn a rencontré son géniteur à l’âge adulte et comme il dit : « Comment veux-tu être un vrai homme si t’as pas de papa ?» « Comment veux-tu être un bon père si t’as pas d’exemple ? » Tous les deux viennent d’une enfance de mille manques et absences, mais où l’amour jamais ne manqua. L’amour des mères, des grand-mères. Et quand on a reçu de l’amour, devenu grand, on verse difficilement dans la haine, écrit Louis-Philippe à la fin de son livre, Je n’ai jamais dit papa. Tous les deux ont des enfants

15h45-16h45 : Le Pays blanc avec Sofia KARAMPALI FARHAT, Rima ABDUL MALAK et Yvon LE MEN

Je suis née sous les bombes/je mourrai sous les mots, a écrit {{Sofia Karampali Farhat}}, malgré les bombes qui continuent de tomber en rouge sur {Le Pays Blanc} où est retournée {{Rima Abdul-Malak}} pour porter et partager la parole partout où elle peut et surtout dans le journal l’Orient-Le Jour. Toutes les deux croient que le poème a encore des jours devant lui, contre les nuits où l’on ne dort plus, où l’on ne rêve plus et depuis si longtemps. Du temps, déjà, de ce poème d’Andrée Chédid …Rivé à sa mitraillette/dont les rafales de feu/viennent d’achever l’enfant/L’ennemi tremble d’effroi/à l’abri d’un vieux mur… au nom du Liban, comme le nom fragile de l’Humanité.

17h00 – 18h00 : Le chemin de la belle étoile, un spectacle de Sébastien BERTRAND sur un texte de Yannick JAULIN – Yvon LE MEN

Le bruit y a du bruit partout, les enfants, la ville, les klaxons dehors. Sœur Joseph s’assoit devant les archives de l’orphelinat, devant une armoire métallique grise, tire les dossiers triés par ordre alphabétique. B comme Bertrand ou Bouchara…Mars 2008, avec Yannick Jaulin, Sébastien Bertrand revient au Liban pour la première fois depuis 35 ans. Il pousse les portes de l’orphelinat d’où il a été adopté à l’âge de 9 mois. Un an plus tard est créé le spectacle Chemin de la Belle Etoile. Sébastien Bertrand explore en musique sa trajectoire de vie, de Beyrouth à Saint-Jean de Monts. Il raconte, sur un texte de Yannick Jaulin, la nécessité de dire les retrouvailles, le bonheur d’être de là-bas et de là ! De
le dire avec des mots, avec l’accordéon, avec la danse, en explorant – presque en interaction avec le public- l’art du conte. Son conte. On en ressort debout grâce à l’amour.

DIMANCHE 24 Mai : Salle MAUPERTUIS – Palais du Grand Large

10h00 -10h45 : Matinée autour des prix Ganzo avec Maram AL MASRI, Laure MORALI, Alain BORER, Claudine DELAUNAY et Yvon LE MEN

Un prix bien mérité pour Maram AL MASRI, poétesse engagée et militante du droit des femmes, qui traduit leurs blessures dans une langue vive, claire et indomptée. Sa poésie, saluée par la critique dans les pays arabes et de par le monde, fait d’elle l’une des grandes voix féminines du Moyen‑Orient. En 2003, Cerise rouge sur un carrelage blanc la révèle au public francophone. Quatre ans plus tard, Maram al-Masri obtient le prix de poésie de la SGDL pour Je te regarde, avant de publier Je te menace d’une colombe blanche aux éditions Bruno Doucey. La talentueuse poétesse syrienne, née à Damas en 1962 et installée en France depuis 1982, voit aujourd’hui l’ensemble de son œuvre récompensée par le Grand Prix de poésie Robert Ganzo.

Le prix spécial Orénoque Robert Ganzo

Vivre sa parole/comme on vit avec ses yeux. Entre les histoires et leur géographie, entre soi et l’autre, Laure MORALI jette des ponts et tend la main pour habiter notre langue, par le poème qui ne veut plus attendre l’heure de mieux vivre sur la terre, par le ciel qui n’est jamais loin.

10h45-11h45 ; Porte-paroles avec Laure MORALI, Souleymane DiIAMANKA, et Yvon LE MEN

En plus de sa poésie Laure a créé des ponts entre les Innus et les Québécois, jusqu’à aujourd’hui où elle accompagne Joséphine Bacon dans leur livre Les vertèbres de Joséphine. Souleymane, de sa voix proche et lointaine à la fois, peul et française, même bretonne et par une présence scénique généreuse, nous transportera, quant à lui, dans le pays des rimes et des histoires

Salle SAINTE ANNE – Intra muros :

14h00 – 15h00 : Les porteurs de lanterne : Avec : Yahia BELASKRI, Ananda DEVI, Malo BOUËSSEL DU BOURG , Yvon LE MEN

Michel Le Bris est mort depuis cinq ans. Anatole Le Braz, depuis un siècle. Tous les deux, maintenant, sont dans un autre temps, un temps de poème qu’il fait toujours quand on ouvre leurs livres. Anatole a offert la Bretagne au monde. Michel, le monde à la Bretagne. Et leurs œuvres peuvent, toutes les deux, s’abriter sous le vers d’un autre poète, Patrice de La Tour du Pin : Tous les pays du monde qui n’ont plus de légendes seront condamnés à mourir de froid.

15h30 – 16h30 : Carte blanche à Juliette ROUSSEAU– Bondir des fossés, convoquer ceux des bords avec Claude FAVRE, Maram AL MASRI, Juliette ROUSSEAU et Yvon LE MEN

Yvon Le Men invite la poétesse et éditrice Juliette Rousseau pour une Carte Blanche poétique en compagnie de ses invitées.Chacune à leur manière, les poétesses Claude Favre et Maram-El-Masri convoquent, par les mots, des mondes délaissés. Ceux du corps en tant que sujet universel, comme ceux des corps en tant que sujets singuliers et sur lesquels pleuvent aussi bien les coups que la trahison du sens ou celle du regard que l’on détourne. Les poèmes dès lors, se font chants, cris, murmures d’un corps qui lâche sans rien céder. Rencontre entre deux gestes d’écriture singuliers.

16h45 – 17h45 : La curiosité n’est pas un vilain défaut avec Xavier DOLLO, Eric SARNER, Björn LARSSON et Yvon LE MEN

Enfant, j’adorais feuilleter l’encyclopédie Tout L’Univers. Qui es-tu, qui vit là-bas en Suède, en Ukraine, en Italie, en Uruguay ? Qui êtes vous qui vivez en exil, par vos parents ; sur la mer, par vos rêves ; dans le futur par vos livres de Science-Fiction. Non, la curiosité n’est pas un vilain défaut, surtout pour ceux qui savent de quoi ils parlent, en passant par le visage de l’autre qui nous fait face. Entre mes questions et leurs réponses.

LUNDI 25 MAI : Univers (Grande Salle) – Intra muros

11h15-12h15 : Bretagne : ce pays qui commence dans la mer avec : Jean-Michel LE BOULANGER, Yvon LE MEN, Matthieu DORVAL, Yvon BOËLLE – Animé par Bernadette BOURVON

La parole aux Bretons, et à travers eux, à tous les amoureux de la Bretagne ! « Est Breton celui qui le désire. » : {{Jean-Michel Le Boulanger}} et le photographe {{Yvon Boëlle}} proposent un regard croisé sur une « Bretagne d’hier, d’aujourd’hui et de demain, enracinée dans sa vieille péninsule armoricaine et ouverte aux vents des ailleurs ». Le poète {{Yvon Le Men}} et le peintre {{Matthieu Dorval}} disent leur amourpour ce territoire façonné par la mer, où poésie et paysage se répondent. Une invitation à parcourir une Bretagne sensible, vivante et poétique.

SALLE SAINTE ANNE Intra muros

14h15 – 15h15 : « Il était une fois la poésie française » avec Alain BORER et Yvon LE MEN

Il n’y a pas un poète français qu’Alain ne connaisse pas. Le plus oublié des oubliés, le plus grand des plus petits, le plus petit des plus grands. Et c’est en conteur qu’il nous fera voyager de Villon à Verlaine, du Moyen-âge, à la semaine dernière. Et c’est en poète qu’il saura nous tenir en haleine. Le poète, dont l’un des poèmes me nourrit infiniment, à chaque lecture : Mon père/regardait la prairie/ ensoleillée sur la colline/ à lafenêtre de l’hôpital/ avec une telle mélancolie/ que vingt minutes après/ il y accédait.

15h30 – 16h30 : En passant par la Bretagne avec Gérard DELAHAYE, Roger FALIGOT, Pierre ADRIAN, FALMARÈS et Yvon LE MEN

Ce sera le moment du scoop : le père de François Villon serait né à Tréguier. Ce n’est pas moi qui le dis, moi qui suis né à Tréguier, c’est{{Roger Faligot}}, l’enquêteur chevronné, qui l’affirme. Il a des arguments. A vous d’écouter, de voir et de trancher ! Frères humains qui aprèsnous vivez, n’ayez les cœurs contre nous endurcis… écrit Villon. Pour {{Falmarès}} qui a traversé l’enfer que connaissent les migrants jusqu’à laBretagne qui, dit-il, de son Jardin des flamboyants, l’a fait poète. Pour {{Pierre Adrian}} qui, voulant parler du clochard céleste Jack Kerouac, a
écrit un livre sur Brest, cherchant inlassablement mon pays, dit-il, sur cette terre sans aïeux. Bienvenue à tous les trois en Bretagne, au pays du poème. Quant à {{Gérard Delahaye,}} de Brest, il chantera Brest ; comme Brel Le plat pays.

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